La Méricaine, c’est le rêve Américain ! Celui que j’ai toujours eu, qu’on a peut-être toutes…

Quand toute votre vie semble sur des rails, que les évènements s’enchainent dans un joyeux rythme et que le destin s’en mêle, le changement de cap se produit parfois. Le retour aux sources toujours. Elle fait partie de ces femmes, créatrices et expertes dans leurs domaines qui mènent des carrières passionnantes, interviennent parfois comme conférencières et ont toutes comme point commun, d’avoir des origines singulières, des parcours hors du commun, des sources d’inspiration variées et surprenantes et de porter des aspirations. La créatrice Valérie Hernandez la trentaine heureuse, après 9 années à mener sa carrière «tambour battant » dans l’industrie de la mode, du surf wear et à voyager autour du monde, a choisi de retourner à ses premières amours : les belles matières, la création, l’authenticité dans les relations, les produits et le quotidien. La meilleure façon de concilier, sans doute, le rêve et la réalité. C’est toute la promesse de La Méricaine : des capes et couvertures aussi authentiques et douces que leur créatrice.

Elle nous raconte ses choix et la manière dont elle poursuit sa carrière professionnelle sans rien sacrifier de sa personnalité et de sa vie personnelle et des aspirations – nombreuses – qu’elle porte.

Origines & Parcours d’une créatrice

Les Pionnières – Peux-tu nous présenter ton parcours ? Nous expliquer d’où tu viens, ce qui a motivé tes choix, nous décrire tes envies et tes challenges tout au long de ton parcours ?

J’ai commencé par la petite porte, puisque très tôt on s’est rendu compte que l’école n’était pas faite pour moi. Ce n’était pas mon fort. Je suis une rêveuse et ce qui m’attirait le plus c’était la mode. J’étais –  je suis ! – une mordue de mode ! Petite, je piquais tout le temps les vêtements de ma mère et de ma grand-mère qui étaient très coquettes. Ma grand-mère était modèle et couturière, alors chez elle, il y avait toujours de la soie, de la fourrure…que des belles matières. Je crois que c’est à ce moment-là que je suis tombée dans la « marmite des belles choses ».

Du coup, je me suis rapidement orientée vers un CAP puis un BEP, j’ai appris les bases du métier en couture et j’ai adoré. J’ai poursuivi avec un baccalauréat professionnel à Marseille et un BTS. C’est par le plus grand des hasards que je suis arrivée chez Billabong, dans les Landes, dans le milieu du surf wear en remplacement d’un congé maternité, sur un poste de chef de produit. Là, j’ai appris sur le tas toutes les étapes pour la conception d’un produit et d’une marque : prototype, fournisseur, achat, design, négociation… Et plus globalement la mise en place d’une collection. Cette expérience a été formatrice et riche d’apprentissages : j’ai beaucoup voyagé, j’ai vécu de belles aventures et réalisé de beaux projets.

« Besoin de retrouver cette spirale créative… »

Au fil du temps, et après neuf années, je me suis rendue compte que je m’étais éloignée de ce qui me faisait vibrer : j’avais un peu perdu l’âme du produit, on était – et c’est normal dans une entreprise – dans une logique économique, il fallait gagner du temps, décliner des couleurs… mais cela ne me correspondait plus. J’avais besoin de retrouver cette spirale créative dans laquelle tu te nourris, tu t’inspires et qui t’anime au quotidien. J’ai donc quitté « Billa’ » et je suis partie directement aux Etats-Unis pour un voyage entre copines. Palm Spring, Las Vegas, San Francisco, Los Angeles… Est ce qu’il s’est passé quelque chose là-bas ? Sans doute.

Je suis rentrée à Paris et j’ai commencé à coudre des kimonos en jeans pour un pop-up store…C’est le côté « fly de ma life » !

De retour sur la côte landaise, à Hossegor, je me suis véritablement dit que l’heure était venue de lancer ma propre marque. Je voulais faire des kimonos pour l’été alors, je me suis rapprochée de fournisseurs, mais les matières (viscoses) en France, ne convenaient pas. C’est comme ça que je suis partie sur le même modèle mais pour l’hiver. J’en ai parlé autour de moi, j’ai senti que cette tendance arrivait, séduisait, que c’était le moment. Mais il y avait un véritable challenge à s’installer en tant que « marque de cape » avec une identité graphique, une image de marque…

J’ai été mise en relation avec un tisseur et nous nous sommes engagés dans cette aventure. Tout s’est enchainé : envoyer les dossiers, rencontrer les fournisseurs, choisir les échantillons, porter la touche finale en cousant les étiquettes…

« Les premières réalisations, c’était un moment fort…très fort. »

Je crois que j’ai toujours su au fond de moi que je me mettrais à mon compte. Evidemment, je ne savais pas avec quelle marque, quel produit, mais l’envie était déjà là. J’avais déjà des points précis en tête : un produit uni size, uni sexe, de qualité et abordable. Je voulais de la qualité et de la fabrication en France. Tout cela me rappelait et me rappelle encore les belles pièces de nos – de ma – grand-mères, qu’on transmet ou que l’on offre.

Les capes sont fabriquées à Castres, les étiquettes cuirs à Limoges et les étiquettes tissées à Mimizan. Avec mes fournisseurs c’est plus qu’un partenariat, c’est une histoire, un engagement. Le fournisseur qui fabrique les capes est une société familiale qui porte beaucoup d’attention au produit et qui met tout son cœur dans le process de fabrication.

 » Finalement cet épisode difficile a déclenché en moi l’envie de me battre »

LP – Est ce que tu pourrais nous parler de différents moments qui ont été marquants et structurants pour toi et qui ont aujourd’hui une résonance particulière ?

Les premiers retours sur mes conceptions et mes produits ont véritablement été marquant. J’ai vécu un moment très fort lorsque j’ai eu dans mes mains mon premier prototype. C’était une véritable concrétisation de ce que j’avais pensé et imaginé. Les retours sur mes produits ont également été d’une importance capitale et le sont toujours. J’éprouve une grande satisfaction lorsque les gens viennent me voir pour me dire qu’ils aiment l’esprit fait-maison, la qualité des matières…

Et puis je repense à un moment très structurant dans mon parcours. Après trois ans d’activité, je ne savais pas trop si je devais continuer ou arrêter. Je me suis rendue à un salon de créateur à New York et… déception ! Nous étions quelques jours après la fashion-week et la fréquentation du salon a été très faible. Le timing était vraiment mauvais. Mais finalement cet épisode difficile a déclenché en moi l’envie de me battre, j’ai pris conscience que je ne voulais pas abandonner mon projet comme cela. Alors je me suis battue et j’ai décidé de réellement investir dans ce projet.

LP – Est-ce que la place des femmes dans le monde professionnel est quelque chose d’important pour toi ? Comment vois-tu les femmes dans l’entreprise ?

Je ne fais pas de différence entre les hommes et les femmes. C’est l’aventure qui m’intéresse. Mais il est vrai que je travaille avec beaucoup de femmes et j’adore partager, notamment depuis que je suis maman. C’est aussi ce partage qui m’aide à assumer et relativiser les petites galères du quotidien.

Les inspirations

LP – Est ce qu’il y a des personnalités qui t’ont inspiré à un moment clé de ta vie et t’ont donné envie d’avancer vers là où tu es aujourd’hui ?

Là, tout de suite je pense bien sûr à Benjamin Jeanjean, le photographe avec lequel je collabore. Nous travaillons ensemble mais c’est aussi mon ami. C’est une personne brillante ! Sa force, sa personnalité, piquante parfois, m’ont permis de construire une histoire différente, une identité visuelle forte et atypique. Il m’a appris à me dépasser, à me réinventer. Je dois avouer que sans son aide je serai partie sur quelque chose de plus facile et de moins percutant.

Mon fournisseur également m’aide au quotidien avec son savoir-faire. Je m’en inspire beaucoup dans mes choix et dans les dynamiques créatives.

LP – Quand tu te retournes sur ton parcours, tu te dis qu’il a manqué de ?

D’un peu d’argent (rires). Les deux premières années se sont déroulées parfaitement : des rencontres formidables, des soutiens, des gens qui sont venus à moi… Par exemple, le pop-up store d’Hossegor faisait des commandes au pop-up store « In the field » de Los Angeles et un jour, ils sont venus me chercher. J’étais totalement abasourdie !

Mais La Méricaine c’est le rêve Américain ! Celui que j’ai toujours eu, qu’on a peut-être toutes, et çela montre bien que ce n’est pas impossible, que si tu veux vraiment, tu peux le faire, c’est à portée de main, tout le monde peut y arriver. J’ai commencé par un BEP, j’ai travaillé avec la Chine et j’ai été en couverture de Elle ! Tout est possible !

Aujourd’hui, ce qu’il me faudrait c’est un peu d’argent pour aller mieux et plus vite dans le développement.

« Lorsque les nouvelles ne sont pas celles que j’attendais, je me dis que demain sera un autre jour ! »

LP – Comment vois-tu la maternité ? Comment cela s’est passé pour toi ? Quel a été l’impact de la maternité sur ton parcours professionnel, tes souhaits d’évolution et plus largement sur ta vie en général ?

La maternité a été une période formidable ! Le timing était parfait. J’appréhendais un peu « l’après », lorsqu’il faudrait concilier mon bébé et mon rythme de vie à 100 à l’heure pour La Méricaine. Mais finalement, quand tu as ton bébé face à toi, tu oublies tout, la fatigue, les galères… Lorsque j’ai des doutes, que les journées sont un peu difficiles et que les nouvelles ne sont pas celles que j’attendais, je me dis que demain sera un autre jour !

LP – As-tu défini des principes pour concilier vie personnelle et vie professionnelle ou est-ce que tu fais un peu comme les choses se présentent ?

Depuis 1 an, j’ai un emploi à mi-temps en plus de mon entreprise. Il était indispensable pour moi de contribuer aux dépenses du foyer. L’emploi du temps est bien rempli mais le vendredi c’est notre journée, à toutes les 2 ou à tous les 3. Il me manque un peu de temps pour me poser, mais cela viendra.

Les aspirations

LP – Quels sont tes projets?

J’aimerai avec La Méricaine qu’on aille de plus en plus vers du fil recyclé. La prochaine collection « collect’ Summer 17 » intégrera notamment le jean recyclé.

www.la-mericaine.com

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