Je fais partie de ceux qui ne croient pas à la chance.

Une détermination solide, les deux pieds sur terre et la tête dans les nuages…Charlotte Furtos-Fanget, chirurgienne, sénologue spécialisée en chirurgie réparatrice, oncoplastique et carcinologique, s’ancre fortement dans le réel pour donner vie à ses aspirations les plus grandes. Elle poursuit ses apprentissages sans relâche pour aller voir plus loin voire ailleurs et partage pour Les Pionnières les sources d’inspiration qui l’ont marquée, sa vision du monde et ses aspirations pour les années à venir.

 

ORIGINES & PARCOURS

 

Les Pionnières – Peux-tu nous présenter ton parcours ? 

A 38 ans, j’ai eu une enfance assez stricte, une adolescence tantôt banale tantôt bercée par les difficultés évidentes de cette période. Je garde peu de souvenirs antérieurs à ma période étudiante et de jeune femme, où, toutes les fondations de ma vie actuelle se sont décidées.

Mes choix ont plutôt été des évidences. Les notions de travail, d’effort et de compétition avec moi-même ont toujours guidé mon chemin afin que ces évidences se réalisent. Je fais partie de ceux qui ne croient pas à la chance mais au fait de se donner les moyens de réussir.

 

« La médecine était une suite logique

Le besoin d’humanité, d’empathie, de me sentir utile à travers les autres a guidé mes choix de carrière professionnelle. La médecine était une suite logique. Le choix de ma spécialité a ensuite été le fruit de différentes émotions et rencontres au cours de mes études : la première larme lors d’un accouchement m’a fait choisir la gynécologie – obstétrique à 24 ans, la rencontre avec la sagesse, la rigueur et la beauté de l’exercice d’un chirurgien m’a ensuite spécialisée en chirurgie mammaire à 26 ans.

La complexité et la force de relation médecin – patient en cancérologie m’ont également conquise. Puis, afin de pouvoir pratique cette discipline avec toutes les armes et outils nécessaires, j’ai multiplié les diplômes depuis le premier en 2004, j’en ai passé un ou plusieurs par an. J’exerce actuellement en tant que chirurgien sénologue spécialisée en chirurgie réparatrice, oncoplastique et carcinologique.

 

« Poursuivre les apprentissages »

Je poursuis toujours mes apprentissages et compagnonnages afin de diversifier mes connaissances. Ca me donne toujours l’envie d’apprendre pour approfondir les acquis, mais aussi, pour aller voir plus loin voire ailleurs. Parallèlement, je suis présidente de l’ association Saint Etienne Institut du Sein dont l’objectif est d’améliorer le parcours de soins des patients. C’est un projet basé sur la générosité, l’implication et l’expertise des professionnels. C’est un investissement lucratif en termes de qualité de vie et d’accompagnement pour les patients qui me tiennent à cœur.

Enfin, ce qui est essentiel pour moi et un challenge au quotidien c’est la notion d’ « équipe ». Au travail pour moi, il n’y a pas de hiérarchie mais un ensemble de personnes travaillant ensemble avec comme objectif commun : la qualité des soins et la qualité de travail. C’est important pour moi d’être accessible et à l’écoute pour chaque personne de l’équipe. Le travail n’est pas sectorisé en fonction du statut professionnel mais nous avons avec le temps trouvé un équilibre où chacun est un maillon de la chaine menant à une meilleure efficience.

 

Les Pionnières – Nous expliquer d’où tu viens, ce qui a motivé tes choix, nous décrire tes envies et tes challenges tout au long de ton parcours ?

J’exerce actuellement en tant que chirurgien sénologue spécialisée en chirurgie réparatrice, oncoplastique et carcinologique. Je poursuis toujours mes apprentissages et compagnonnages afin de diversifier mes connaissances. Je garde toujours l’envie d’apprendre pour approfondir les acquis, mais aussi, pour aller voir plus loin voire ailleurs.

Parallèlement, je suis présidente d’une association dont l’objectif est d’améliorer le parcours de soin des patients. C’est un projet basé sur la générosité, l’implication et l’expertise des professionnels. C’est un investissement lucratif en termes de qualité de vie et d’accompagnement pour les patients qui me tient à cœur.

Enfin, ce qui est essentiel pour moi et un challenge au quotidien c’est la notion d’ « équipe ». Au travail pour moi, il n’y a pas de hiérarchie mais un ensemble de personnes travaillant ensemble avec comme objectif commun : la qualité des soins et la qualité de travail. Je tiens à être accessible et à l’écoute pour chaque personne de l’équipe. Le travail n’est pas sectorisé en fonction du statut professionnel mais nous avons avec le temps trouvé un équilibre où chacun est un maillon de la chaîne menant à une meilleure efficience.

 

LP – Est ce que tu pourrais nous parler de différents moments qui ont été marquants et structurants pour toi et qui ont aujourd’hui une résonance particulière ?

Le moment professionnel marquant serait celui où j’ai dû quitter mon confort professionnel pour me lancer dans un projet incroyable qui allait être, certes un parcours d’obstacles, mais qui allait m’apporter une satisfaction immense. J’ai quitté mon quotidien de salariée pour rejoindre une équipe de jeunes médecins ayant les mêmes convictions professionnelles, ambitions, idées de la médecine que moi. Ensemble, nous avons construit un des plus grand centres multidisciplinaires de soins privés de la région afin d’offrir une offre de soins complète aux patients. En passant par le choix de la superficie du bâtiment, du nombre d’étages, de prises puis de la couleur de la peinture, nous avons ensemble inauguré ce centre il y a 16 mois avec une grande fierté d’autant que le circuit patient et notre qualité de travail sont très épanouissant au quotidien. Je suis désormais, quelque part, chef d’entreprise et maître de mes projets et de mon avenir. Nous occupons, avec mes 4 associés, le dernier étage de cette structure médicale et sommes responsables de la qualité de vie de nos 7 salariés.

 

LP – Est-ce que la place des femmes dans le monde professionnel est quelque chose d’important pour toi ? Comment vois-tu les femmes dans l’entreprise ?

Pour moi, la place de la femme est une évidence. Encore une fois, chacun à son rôle. Dans ce monde masculin dans lequel j’évolue chaque jour, j’attache beaucoup d’importance à conserver ma féminité et à l’assumer. Il est évident qu’au début de ma carrière, je réfléchissais avant d’intervenir dans une réunion où j’étais la seule représentante féminine.

« La reconnaissance par mes confrères doit venir de moi et de mon implication »

Actuellement, je ne vois plus cela comme un problème ou un obstacle mais plutôt comme un atout. Je me rends compte que la reconnaissance par mes confrères doit venir de moi et de mon implication. Ce n’est pas le genre qui fait la qualité du professionnel mais bien ses qualités de travail. La femme peut avoir des qualités supérieures ou inférieures pour un poste dit. A mon sens, elle ne doit pas rivaliser avec ses confrères masculins mais plutôt être complémentaire et ainsi apporter sa touche personnelle. Pour moi, Homme et Femme sont différents et c’est dans cette différence que, ensemble, nous serons les meilleurs.

J’ai moi-même choisi une spécialité chirurgicale assez féminine. Le ressenti de la sensibilité et du vécu de la patiente, l’idée de l’image et de l’estime de Soi parfois bien cernés par une personne de même sexe peut être appréciable. Il s’agit également de l’une des rares spécialités chirurgicales qui se conjugue assez bien avec une vie familiale (peu d’urgences, facilité de se projeter de façon assez juste sur le déroulement d’une journée…).

 

LES INSPIRATIONS

LP – Est ce qu’il y a des personnalités qui t’ont inspirée à un moment clé de ta vie et t’ont donnée envie d’avancer ?

Je ne suis pas d’un tempérament fanatique, j’aime l’authenticité. J’apprécie les qualités des gens que je côtoie et je les admire pour cela. Je me suis nourrie de mes rencontres au quotidien.

Et les rencontres professionnelles

Toutes ces rencontres ont guidé mes choix de vie, façons de vivre et me poussent à avancer chaque jour, à progresser, à évoluer et à me lancer dans de nouveaux projets.

 

LP – Quand tu te retournes sur ton parcours, tu te dis qu’il a manqué de ?

De temps… Il m’en a manqué, m’en manque et m’en manquera. J’essaie donc d’aller à l’essentiel. Mais il est parfois difficile de définir « son essentiel ». J’ai donc parfois laissé de côté trop de choses, de personnes… On ne peut revenir en arrière. Il faut donc l’assumer et pourquoi pas l’exprimer, ce qui n’est pas une tâche facile.

Le contact avec la nature me manque également. Dès que possible, je m’évade mais ce n’est pas suffisant. Et enfin de confiance en moi, ce qui m’empêche parfois d’affirmer mes points de vue.

 

LP – Comment vois-tu la maternité ? Quel a été l’impact de la maternité sur ton parcours professionnel, tes souhaits d’évolution et plus largement sur ta vie en général ?

 

La maternité est un des plus beaux moments de la vie d’une femme. Parfois, ce choix de projet familial peut être vécu par la structure de travail comme un renoncement à l’implication professionnelle de la parturiente. Il s’agit, à mon sens, d’un manque certain d’humanité et de considération pour la femme. Cela me révolte lorsque j’y suis confrontée.

Pour ma part, ce fut une des plus belles périodes de ma vie de femme. Malgré les obstacles parfois physiques, comme la fatigue, ou, professionnel, comme la non-acceptation par certains collègues, j’ai assumé avec fierté mes grossesses. J’ai eu la chance de pouvoir travailler jusqu’au bout sans difficultés particulières.

 

« Ma progression professionnelle a été ralenti par mes grossesses, c’est une certitude »

Bien sûr que mes grossesses, puis, mon statut de maman, ont nécessité des aménagements dans mon organisation, emploi du temps, mais, je n’ai jamais ressenti de barrière par cette situation. Probablement parce que, comme toutes les mamans, j‘aime être avec mes enfants et j’ai besoin d’eux comme ils ont besoin de moi. Ces temps passés avec mes enfants font partie de ces « Essentiels ». Ma progression professionnelle a été ralenti par mes grossesses, c’est une certitude, mais cette progression a simplement été décalée dans le temps et cela aurait été dommage à mon sens de ne pas prendre ce temps qui ne se présente qu’une fois.

Néanmoins, je suis une passionnée du travail, la maternité ne m’a jamais vraiment éloigné du monde du travail. Il a juste fallu apprendre à les emboiter et parfois les chevaucher. Régulièrement, mes filles m’accompagnent à mon travail, et je crois que cela ne déplait ni à elles, ni à moi…J’ai bien conscience que ce n’est pas idéal, mais c’est le seul choix possible.

 

LP – As-tu défini des principes pour concilier vie personnelle et vie professionnelle ou est-ce que tu fais un peu comme les choses se présentent ?

Il faut effectivement jongler entre travail quotidien, réunions à l’aurore ou en soirée, congrès, diplômes, formations en week-end, travail ramené à la maison… et temps en famille, sport, vie amoureuse, vie sociale, activités de chacun, temps de repos également ! Je crois qu’il faut apprendre à dire « non » parfois et à se délaisser des obligations finalement pas si importantes. Et ce n’est pas avec facilité que cet apprentissage se fait. Mais, comme pour chacun, parfois, la fatigue et la morosité s’installent. C’est là que la famille et les amis sont importants. Le principal est de s’en rendre compte, ce qui n’est pas toujours aisé, et ensuite, de rebondir. J’ai la chance d’avoir de fort lien d’amitié voire un petit « ange gardien » qui m’aide.

« Le mouvement, c’est la vie »

La famille est également une force extraordinaire pour me ressourcer. J’avoue que de 6h du matin à 22h le soir, la vie ne me donne pas de temps de repos. Mais, comme dit ma grand-mère que j’admire énormément « le mouvement, c’est la vie ». Je n’ai pas de principe à part celui d’avancer. Je pense aussi qu’il y a un temps pour tout, et, ce n’est pas parce qu’on délaisse certains idéaux, à un moment de notre vie que nous ne les retrouverons pas plus tard. En effet, je n’arrive pas à tout faire car je ne suis pas un super héros.

 

LES ASPIRATIONS

LP – Quels sont tes projets, tes aspirations pour la suite ?

Pour l’instant, j’essaie de diversifier ma pratique par l’apprentissage de nouvelles disciplines comme actuellement l’expertise médico-légale. J’ai également un objectif qui est de rassembler certaines de mes passions avec mon travail, par exemple, apporter du bien-être à mes patientes par l’intermédiaire de défis sportifs et spirituels. La vie est, je l’espère, longue… Je n’écarte pas l’idée d’une reconversion ou de bouleversements professionnels permettant parfois de s’adapter et de coller mieux à ce que nous devenons sous l’influence des effets du temps.

J’espère également pouvoir accompagner mes filles dans chaque étape de leur vie et de les aider à s’épanouir afin qu’elles aient une existence, somme toute, heureuse. Si cet objectif est atteint, je crois que ce sera ma plus belle réussite.

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